Je pense qu’il y a une différence fondamentale entre faire une musique qui nous plait, et faire quelque chose qui nous plait et en faire une musique. Dans le premier cas, on reste prisonnier de la méthode, de nos vieux réflexes, de ce que les autres attendent de nous et même de ce qu’on attend de nous même. On finit par ne faire qu’une imitation de quelque chose qu’on connaît déjà par cœur, d’attendu, de policé, on est la victime de son propre manque de goût. Prisonnier des notes, prisonnier des temps, prisonnier d’une uniformité, d’une sécurité, d’un confort qu’on considère comme bénéfique.
Oser essayer, oser rater, oser faire en sorte que son œuvre ressemble à soi plutôt qu’aux autres, voilà un courage qui, bien sûr, n’a aucune assurance de toucher autre chose que votre ego. Voilà qui ne risque d’amener ni gloire ni argent, ni respect, ni attention.
Voilà ce qui permet, plutôt que de balader son auditeur dans un paysage familier qu’il ne regarde même plus, de lui compter avec emphase des contrées inconnues et lui donner envie de les parcourir. Un moyen de lui tenir la main pour l’amener dans une zone d’inconfort, incertaine, dangereuse. Mais le plus grand des talents, à mon avis, d’un artiste, est de faire vivre à son auditoire des sentiments, des impressions, des pensées, avec lesquels il n’est pas habitué à traiter, de l’emmener voyager sur des chemins qu’il n’imaginait même pas, de faire ressortir de lui un être dont il n’imaginait même plus l’existence. De l’authenticité, et peu importe le sujet, un cadeau de soi même tel qu’il est au monde, quitte à ce que le monde ne l’aime pas.
Je crois aimer les musiques, les paroles, qui expriment à ma place les choses que je ne peux pas, n’arrive pas, n’ai pas la possibilité, d’exprimer. Le porte parole de ce que j’aimerais être idéalement, et pas une pale copie de ce que je me confine à être. Un idéal avec lequel je peux entrer en concurrence plutôt qu’une main vénale qui me caresse dans le sens du poil.
Etre capable de faire aimer à quelqu’un quelque chose qu’il n’aime pas, ou ne connaît pas, plutôt que s’ériger porte parole de quelque chose qu’il aime déjà. Avoir le talent de trouver les mots qui transcendent un être plutôt que de le mirer.
Tout parent passe par la case « j’apprends à mon enfant que fumer c’est mal ». Enfin, je pense. Boire aussi, et le reste des choses mal, bref, par l’interdiction et le discrédit. C’est pas intéressant, vous allez me dire, mais c’est assez comique de voir comme la plupart rament et s’enfoncent dans un développement paradoxal et inutile.
Concrètement, qu’est ce qui pousse à fumer ? Faire comme les autres, principalement, c’est un style de vie qu’on achète. L’analyse pourrait être affinée. Qu’est ce qui fait qu’un gamin ne refuse pas la première cigarette qu’on lui tend ? Où va t’il l’acheter ? Il est des âges où l’on teste ses limites, oui, bien sûr, mais surtout où l’on ne supporte pas qu’on nous en impose, d’autant plus des limites injustes et aberrantes, que les adultes eux-mêmes ne respectent pas.
Pour être sûr de dégoûter un gamin de la clope, il suffit généralement de ne pas l’habituer à fumer en ne fumant pas à proximité, et deuxième étape, lui en mettre une au bec et l’allumer. Quel gamin va aimer ça ? Goût détestable, langue qui brûle, sensation d’étouffer. La première clope dégoûte des autres, si son aspect naturellement repoussant n’est pas vendu avec un package de « je fais chier mes parents et je passe un interdit ».
Le gamin, libre de choisir de fumer, ou pas, a de grandes chances de ne pas le faire. Il choisit, de son propre chef, de décider qu’il n’y a rien d’agréable à fumer, et que s’il refuse, ce n’est pas parce qu’il a peur ou qu’on lui a interdit, ce n’est pas parce qu’il croit aux pseudo mensonges des parents, c’est parce qu’il n’aime pas ça, comme il n’aime pas les épinards.
Le sujet de tout ça, c’est plutôt l’hypocrisie inhérente à l’humain. « Pourquoi les adultes fument, alors, si c’est pas bien ? ». Que répondre à cette question, sinon que c’est parce qu’adolescents, ils sont tombés dans un piège idiot qu’ils ne contrôlaient pas, et que maintenant se sont de pauvres dépendants incapables de se dépêtrer d’une sale manie, des drogués, qui bousillent leur santé et se ruinent à entretenir un plaisir qui n’est que l’assouvissement d’un besoin qu’ils se sont créés. Incapables de se donner un coup de pied au cul, impuissant face à leur entourage qu’ils voient se détruire petit à petit, et interdisant à ceux sur qui ils ont encore de l’autorité comme un réflexe.
Car pour un fumeur, pauvre type dépendant physiquement et financièrement, rien n’est pire que d’avoir autour de lui un Joe la morale qui lui explique qu’il se bousille, qu’il se ruine, qu’il est lâche et peu courageux, qu’il est simplement une victime consentante d’une multinationale qui lui vend sa mort à petit feu. Alors le fumeur pollue autour de lui, il incite implicitement son entourage à l’accompagner dans sa déchéance, comme dans toutes les autres. Il justifie sa faiblesse par l’uniformité, par la faiblesse des autres.
Plutôt que d’avouer qu’il est une merde toxicomane et dépendante, incapable d’en sortir, se projetant à chaque bouffée vers un cancer bien attendu. « C’est à ça que tu veux ressembler ? », faudrait-il dire, car il est un moment où il faut arrêter de s’ériger en modèle parfait et inattaquable, malgré que ce soit un des principaux attraits d’avoir des enfants, manipuler quelqu’un d’assez malléable pour lui faire croire qu’on est un être exceptionnel. Il arrive un moment où le système parental n’est plus un modèle, et c’est bien plus difficile pour le parent de passer ce cap que pour l’adolescent. Il est dur de dire : « il ne faut pas que tu me ressembles car je ne vaut rien, finalement. Je t’ai menti, j’ai raté ma vie ». Et ce, pour le tabac, comme pour l’alcool, les convictions politiques ou le système dans lequel on vit. C’est une logique religieuse et sectaire que de forcer autrui à embrasser son mode de vie pour justifier les sacrifices qu’on y pratique, son inefficacité, le temps et l’énergie investis sans résultat.
Pour se convaincre, quelques temps encore, qu’on n’a pas tout raté.
Persister dans l’erreur pour se forcer à croire qu’on n’a pas tout raté.
J’compte pas passer mes journées à taper sur des célébrités made in TF1, mais faut que je vous parle de Jennyfer. La pauvre. Enfin elle est pas à plaindre non plus, bien sûr, faut pas déconner, j’pense qu’elle a les moyens, et les capacités, de changer de vie si celle-ci lui plait pas.
Jennyfer, à part les gamines de quatorze ans et son producteur, tout le monde s’accorde à dire que c’est de la merde. Non, pourtant, c’est faux. Hervé Villars, c’est de la merde, Jean Pierre François, Larusso, j’ai des noms. Jennyfer, c’est juste tout à fait moyen, insipide, sans intérêt et répétitif. Enfin, quoi, c’est pas pire que la plupart des titres de variété. Seulement, elle, elle a gagné la star ac’, elle est sensée être le top du top (notez l’ironie de cette phrase), et bouleverser l’histoire de la chanson. Concrètement, elle est juste sensée vendre quelque chose de formaté qui plait aux dégénérés qui rouillent devant cette émission, et c’est ce qu’elle fait. A ce titre, elle mérite un 20/20 (bon allez un 19).
Concrètement, une chanson de Jenny, c’est quoi ? Qu’est ce qu’elle fait ? Elle chante…Elle chante faux, mal ? Non, même pas, elle en a pas l’occasion d’ailleurs. On fait pas des miracles en préparant une soupe. Dans la critique de son œuvre on oublie parfois de remercier son parolier, son compositeur, son prof de gym et son producteur, voire ses musiciens. Avec des gens moyens, on fait des choses moyennes. Oui, je sais, elle a gagné la star ac’, mais quoi ? Gagné contre qui ? Dans quelles conditions ? Pour faire quoi ?
Perso, je pense qu’elle pourrait faire beaucoup mieux, la Jennyfer, elle aurait qu’à faire des reprises, comme Nolwenn, et on verrait que c’est quelqu’un qui a des capacités. Plus que la plupart des gens, moins que la plupart des gens connus, bon soit. Y’a-t-il des divas à la tête de tous les groupes qu’on apprécie ? Nan. Jenny est un épouvantail qui reçoit tout l’amour et toute la haine qu’on peut ressentir à propos de la Star Ac’, pauvre émission pas intéressante du tout, mais avec plein d’étoiles. Je veux pas dire la faute aux beaufs, mais presque…J’imagine que les enfants qui ont eu un éveil musical se sont pas jetés sur son album. L’enfant, généralement, y fait comme ses parents, ou comme ses amis : il imite, les bons, les mauvais côtés. Si vous écoutez de la merde insipide, votre enfant va y prendre goût.
Alors rien à dire de méchant sur Jennyfer ? Pourquoi faire, elle va disparaître…Disparaître hein ? Sera-ce vraiment la fin de sa vie une fois que la star ac ne la trouvera plus assez rentable ? Bof, c’est donner beaucoup d’importance à cette émission pour beaufs. Elle va ptet échapper à ses producteurs, à ses illusions et commencer à faire des choses bien, et là, on lui tirera dans les pattes. La pauvre. Bah, elle retrouvera une vie simple et banale. D’ici-là, on aura trouvé quelqu’un d’autre sur qui vomir, plutôt que de vomir sur les responsables : les producteurs, les publicitaires, le public. Saloperies de critique, j’nous mettrais tous dans un loft pour nous apprendre.
Que d’idées, pour ce premier article, j’ai pas mal de sujets qui me viennent à l’esprit, faut bien choisir, je développerai les autres par la suite, si je ne les oublie pas…
Mon premier article, je le consacrerai donc à la pire des calamités que j’aie eu l’occasion d’observer ces derniers mois, dans la petite lucarne, un pitoyable pantin pathétique, je nomme : Julien Courbet.
Ca fait un moment que je cherchais une bonne occasion de me le payer, celui-là. La vache, j’vais me faire plaisir. Car, qui, oui, qui, connaît quelqu’un de plus suffisant, malhonnête, prétentieux, malsain et ridicule que ce pauvre Julien ? J’attends vos propositions. Je pense à lui, je vois son sourire hypocrite, ses lunettes sans verre de faux intellectuel, son émission minable qui même sur TF1 fait tâche.
Rassurez-vous…Je n’en ai pas qu’après son allure ou sa tête de minet suffisant. Quand par malheur le sort cruel m’amène devant une de ses émissions, la nausée m’étreint, la terre se fissure sous mes pieds, je bascule dans un univers nauséabond, méphitique comme dirait Amélie, dans un monde parallèle où des arnaqueurs de première se servent de pauvres cas sociaux pour « mener la vie dure » à d’autres arnaqueurs, et se faire passer pour une équipe top efficace de défenseurs des opprimés. Concrètement, quelques pantins bien habillés dont les trois quarts font juste acte de présence.
Exemple : une pauvre dame, apparemment peu capable de se prendre en main, emménage dans un logement social et y amène ses cafards. Ceux-ci, comme la nature les y entraîne, se reproduisent, et envahissent bientôt son nouveau domicile. Elle se plaint : c’est pas possible de vivre dans ces conditions…Julien ça lui suffit, il veut pas en entendre plus : il faut sauver l’opprimée ! Loin de moi l’idée de pester après cette pauvre dame, qui a besoin d’une assistante sociale, et d’aide, et d’un bon coup de pied au cul puisqu’elle refuse de quitter son appart le temps de la désinfection (enfin, c’est ce qu’ils expliquent à julien courbet, donc, ça vaut ce que ça vaut).
Mais Julien, lui, il a décidé que c’était une victime. Elle est parfaite en plus, un peu niaise, seule avec des enfants, à moitié dépressive. Il propose aux propriétaires du logement de payer pour la désinfection et ces salauds acceptent. Hein ? Quoi ? Oui, ils veulent bien raquer l’argent, mais ils voudraient expliquer à la pauvre dame qu’il faut arrêter d’amener des blattes, parce qu’elle a contaminé l’immeuble, et qu’il y en avait pas avant qu’elle n’arrive.
Comment ! Hurle Courbet (maudit soit son nom), vous sous-entendez qu’elle a amené les blattes ? Oui, enfin, ça parait plausible, c’est pas parce qu’on est une victime qu’on est pas sa propre victime. Suite de l’entretien, les proprios sont de braves gens, c’est gagné d’avance, alors julien en profite pour faire le justicier facile, glorieux enfonceur de portes ouvertes, il va même jusqu’à faire chier le maire, et pourquoi pas le préfet, aucune limite à la mégalomanie autoalimentée.
Puis d’autres reportages suivent, avec encore plus de mise en scène, de mauvaise fois, de parti pris, de zones d’ombres et de gloriole vomitive. Je méprise ce type, c’est la lie de l’humanité. Il va même jusqu’à remettre en question des décisions de justice. Bien sûr la justice n’est pas parfaite, elle fait des erreurs, mais si vous avez plus confiance en Julien Courbet qu’en la justice, vous êtes un pigeon.
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